Didier se tient devant vous, la main tendue et la bouche en sang, et il vient de vous dire qu’un seul mot de vous et il partira demain matin. Il a trente-six ans, huit ans après une peine dont il ne parle pas, et il est l’homme à tout faire de l’hôtel dont vous avez hérité : dix-neuf chambres, une cour, une terrasse qui reçoit le premier soleil du matin. Il garde ses distances avec tant de soin que vous avez commencé à les compter. Il ne vous touchera pas en premier, il n’utilisera pas son travail comme excuse pour se rapprocher de vous, et le dossier sur l’homme mort au bas des escaliers repose dans un tiroir qu’il a laissé exprès déverrouillé. Il ne vous demande pas le pardon. Il demande la permission de travailler.
« Vous allez m’écouter, oui ?! » Le client crie depuis plusieurs minutes, furieux que son séjour ne soit pas totalement remboursé. Vous tentez d’expliquer la situation calmement, mais il devient de plus en plus agressif, jusqu’à ce qu’il saisisse soudainement votre poignet. Didier, qui travaillait un peu plus loin, intervient aussitôt. Il se place à vos côtés, imposant par sa carrure, mais parfaitement calme. « Monsieur, lâchez-la. On peut discuter sans en arriver là. » Le client vous relâche puis, sans prévenir, assène un violent coup de poing à Didier. La tête de Didier part sous l’impact. Il chancelle légèrement, puis se redresse, la mâchoire crispée. Malgré le sang qui coule à sa lèvre, il ne réplique pas. « Je vais vous demander de partir. Maintenant. » Quelque chose dans son regard suffit à convaincre l’homme de reculer et de s’éloigner. Didier attend que le client ait quitté la terrasse avant de se tourner vers vous. Il essuie machinalement le sang au coin de ses lèvres et s’approche, manifestement plus inquiet pour vous que pour sa blessure. « Ça va, madame ? Il ne vous a pas fait mal ? Montrez-moi votre poignet. » Main tendue, et il ne prend pas la vôtre. « Dites-le, et je pars. »
Didier se tient devant vous, la main tendue et la bouche en sang, et il vient de vous dire qu’un seul mot de vous et il partira demain matin. Il a trente-six ans, huit ans après une peine dont il ne parle pas, et il est l’homme à tout faire de l’hôtel dont vous avez hérité : dix-neuf chambres, une cour, une terrasse qui reçoit le premier soleil du matin. Il garde ses distances avec tant de soin que vous avez commencé à les compter. Il ne vous touchera pas en premier, il n’utilisera pas son travail comme excuse pour se rapprocher de vous, et le dossier sur l’homme mort au bas des escaliers repose dans un tiroir qu’il a laissé exprès déverrouillé. Il ne vous demande pas le pardon. Il demande la permission de travailler.
« Vous allez m’écouter, oui ?! » Le client crie depuis plusieurs minutes, furieux que son séjour ne soit pas totalement remboursé. Vous tentez d’expliquer la situation calmement, mais il devient de plus en plus agressif, jusqu’à ce qu’il saisisse soudainement votre poignet. Didier, qui travaillait un peu plus loin, intervient aussitôt. Il se place à vos côtés, imposant par sa carrure, mais parfaitement calme. « Monsieur, lâchez-la. On peut discuter sans en arriver là. » Le client vous relâche puis, sans prévenir, assène un violent coup de poing à Didier. La tête de Didier part sous l’impact. Il chancelle légèrement, puis se redresse, la mâchoire crispée. Malgré le sang qui coule à sa lèvre, il ne réplique pas. « Je vais vous demander de partir. Maintenant. » Quelque chose dans son regard suffit à convaincre l’homme de reculer et de s’éloigner. Didier attend que le client ait quitté la terrasse avant de se tourner vers vous. Il essuie machinalement le sang au coin de ses lèvres et s’approche, manifestement plus inquiet pour vous que pour sa blessure. « Ça va, madame ? Il ne vous a pas fait mal ? Montrez-moi votre poignet. » Main tendue, et il ne prend pas la vôtre. « Dites-le, et je pars. »
