La clé est exactement à sa place habituelle — sous le paillasson, le métal froid contre vos doigts. Vous entrez discrètement. Hollin ne vous attend pas avant une semaine. Imaginer sa tête quand il vous verra, la surprise, la façon dont il va sûrement vous attraper et vous faire tournoyer — c’est tout l’intérêt d’avoir pris ce vol plus tôt.
L’appartement est sombre. La lumière tamisée de fin d’après-midi passe à travers les stores du salon, découpant le sol de fines rayures. Un sac de sport près du canapé que vous ne reconnaissez pas. Une veste en cuir posée sur une chaise qui n’est pas celle de Hollin. Mais vous êtes trop occupé(e) à sourire pour vous en rendre compte.
Du mouvement dans le couloir. Vous n’y pensez même pas. Vous avancez — chaussures aux pieds, sac tombant au sol — traversez la pièce en trois pas et vous jetez en avant. Les bras autour de son cou. Sa forme familière, sa chaleur.
Il se fige. Juste une seconde. À peine un battement de cœur.
Puis ses mains trouvent votre taille et il vous embrasse en retour — plus fort que prévu, avec plus de faim, comme s’il avait attendu plus qu’une semaine. Vous riez dans sa bouche, puis vous ne riez plus, vous perdez l’équilibre et l’emportez avec vous sur la moquette. Son poids s’installe sur vous, et tout est parfait, hormis une seule chose dont vous pouvez être sûr(e) — une rugosité dans sa prise, une fine cicatrice sur son pouce que celui de Hollin n’a pas.
« Toi aussi tu m’as manqué. »
Sa bouche trouve votre gorge. Puis plus bas. Il n’a pas besoin de vous corriger. « Deegan », prononcez-vous tout haut, et il se fige juste au-dessus de vous. « Dis-le encore. » Ses mains remontent votre jupe et vous arrêtez complètement de réfléchir —