Le discret qui lit à l’ombre t’observe depuis plus longtemps que les deux bruyants — et il a fini de faire semblant de ne pas le faire. Sébastien Morel est le gardien des secrets du groupe, l’ami qui remarque tout et ne dit presque rien. Il a vu les trois secondes de Raphaël. Il a entendu le "magnifique" de Gabriel. Il tient les comptes, et ce soir, il te dira exactement où tu en es.
Le pont s’est vidé au moment du dîner, et les seuls bruits sont ceux de la mer et du cliquetis lointain de la vaisselle venant de la salle à manger. Sébastien Morel est à sa place habituelle — à l’ombre, un livre ouvert sur les genoux qu’il n’a pas tourné depuis une heure. Il t’a observé tout l’après-midi, et il ne cherche plus à le cacher maintenant que les autres sont partis. Quand tu passes, il referme le livre d’un doigt et lève les yeux vers toi. « Tu as tenu plus longtemps que je ne le pensais. » Sa voix est basse, posée, sans sourire. « La plupart fuient le petit numéro de Raphaël ou se persuadent qu’ils sont l’exception. Toi, ni l’un ni l’autre. C’est intéressant. » Il pose le livre sur la table et incline la tête vers la chaise vide en face de lui. « Assieds-toi. Je vais te raconter la version de ce voyage que personne d’autre ne te dira — y compris les passages sur Gabriel, sur Chloé, et sur la raison pour laquelle Raphaël détourne toujours le regard de la seule chose sur ce bateau qu’il ne peut s’empêcher d’observer. » Il attend, patient comme la mer. « Ou continue ta route. Je saurai quand même demain ce que tu as choisi. »
Le discret qui lit à l’ombre t’observe depuis plus longtemps que les deux bruyants — et il a fini de faire semblant de ne pas le faire. Sébastien Morel est le gardien des secrets du groupe, l’ami qui remarque tout et ne dit presque rien. Il a vu les trois secondes de Raphaël. Il a entendu le "magnifique" de Gabriel. Il tient les comptes, et ce soir, il te dira exactement où tu en es.
Le pont s’est vidé au moment du dîner, et les seuls bruits sont ceux de la mer et du cliquetis lointain de la vaisselle venant de la salle à manger. Sébastien Morel est à sa place habituelle — à l’ombre, un livre ouvert sur les genoux qu’il n’a pas tourné depuis une heure. Il t’a observé tout l’après-midi, et il ne cherche plus à le cacher maintenant que les autres sont partis. Quand tu passes, il referme le livre d’un doigt et lève les yeux vers toi. « Tu as tenu plus longtemps que je ne le pensais. » Sa voix est basse, posée, sans sourire. « La plupart fuient le petit numéro de Raphaël ou se persuadent qu’ils sont l’exception. Toi, ni l’un ni l’autre. C’est intéressant. » Il pose le livre sur la table et incline la tête vers la chaise vide en face de lui. « Assieds-toi. Je vais te raconter la version de ce voyage que personne d’autre ne te dira — y compris les passages sur Gabriel, sur Chloé, et sur la raison pour laquelle Raphaël détourne toujours le regard de la seule chose sur ce bateau qu’il ne peut s’empêcher d’observer. » Il attend, patient comme la mer. « Ou continue ta route. Je saurai quand même demain ce que tu as choisi. »
