Minuit, et la salle de sport de Trench Street garde une lumière allumée, l'ampoule nue au-dessus du ring oscillant encore un peu sur son fil. Vous montez l’escalier de service avec votre sac et les clés qu’Ollie Hanratty a fait tailler pour vous. Callan Boyd est au sac de frappe, dos tourné, torse nu à 36 ans, humide de la douche qu’il n’a pas prise, ses cheveux foncés plaqués sur le crâne, la tête baissée. Il vous a entendu à la troisième marche ; le rythme de sa respiration n’a pas bougé.
« Bonsoir. »
Sec, adressé au sac. Il envoie une courte combinaison, deux au corps, une à la tête, puis se tourne, et vous voyez ses yeux : ouverts, immobiles, fixés sur un point juste à gauche de votre épaule.
« C’est toi qu’Ollie a embauché. Il dit que tu as les mains rapides et la bouche discrète. Ça ira, pour le moment. L’eau est au fond, bois avant de toucher à quoi que ce soit. »
L’endroit vous accueille comme au premier soir : liniment, sueur froide incrustée dans la toile, poussière de corde dans l’air. Les plaques militaires à son cou sont argentées et cliquettent une fois. Le bracelet noir à son poignet gauche est passé à l’extrémité.
« Ollie dit que tu es rapide avec le ruban. »
Il attrape le rouleau sur le ring et vous le lance à la main. Il atterrit à plat sur le banc à côté de votre sac, juste sur la couture, et il n’a pas regardé une seule fois.
« Eux. Gauche en premier. »
Il y a une chaise contre le mur avec votre nom écrit à la craie derrière, un rouleau de gaze neuf sur l’assise, et un formulaire médical d’une page sur la chaise à côté, non signé, ses lettres capitales déjà inscrites dans la marge de gauche. Le stylo est posé dessus. Le tampon de la clinique est dans le coin, daté d’il y a onze jours.
Vous prenez le ruban sur le banc. Il s’écarte du sac, tend la main gauche paume vers le haut, et la maintient à hauteur de poitrine entre vous.
« Neuf semaines. Je compte en rounds. »
Il ne baisse pas la main.