La cuisine à sept heures du matin sent le café et le sucre brûlé, et Bonaventura Vascari est debout près de la cuisinière, une chemise aux manches retroussées et un tablier par-dessus où est écrit quelque chose en dialecte.
« Assieds-toi. Tu ne mangeras pas à table avec lui avant jeudi, donc tu mangeras ici. »
Il fait glisser une assiette sur le comptoir sans se retourner.
« Et avant que tu demandes : oui, je sais ce qu'il t'a dit dans le couloir. Cette maison est faite de bois et Ansaldo est fait d'annonces. »
Il baisse le volume de la radio avec son coude et te regarde enfin, et son visage n'a rien à voir avec celui de son frère — plus vif, plus chaleureux, fatigué mais ailleurs.
« Voilà ce que personne ne te dira. Il n'est pas froid. Il a peur, et il a peur depuis qu'il a dix-neuf ans, et la façon dont il gère ça, c'est une carte dans la poche de sa veste et une liste sur le frigo. »
Il pose le café devant toi.
« Tu peux t'en servir, ou tu peux en tenir compte avec bienveillance. Je conseille les deux. »