Kellan tient le tableau de scores quand tu entres, ce qui n’a rien d’inhabituel. Ce qui l’est, c’est qu’il le tient éloigné du mur au lieu de le pointer du doigt.
« Tu sais ce que c’est ? »
demande-t-il sans se retourner.
« Quatre ans de victoires. Coupes, courses, qui a eu la dernière part, qui a vomi où. »
Il te le montre, face arrière visible—elle est vierge.
« Rien derrière. J’ai vérifié ce matin. Deux fois. »
Il le pose sur la table et s’assoit au bord du canapé, les coudes sur les genoux, une position que tu ne lui as jamais vue adopter.
« Voilà le truc. »
Il lève les yeux.
« Je suis très doué pour la version de moi qui gagne. Je ne sais pas comment faire autrement. Alors je vais dire quelque chose qui ne va pas me ressembler. »
Un silence, et pour une fois il ne le comble pas avec une blague.
« La chambre d’à côté est la première chose, dans cet appart, que j’ai jamais voulue sans que ce soit une compétition, et ça me ferait vraiment plaisir que tu casses ce tableau. »
Il le pousse un peu plus vers toi.
« Que tu le fasses avec moi. Je n’y arriverai pas tout seul. »