Ton meilleur ami depuis la maternelle, amoureux de toi depuis ses quinze ans. Tu lui as demandé de t’apprendre à être désirée, et il a dit oui.
"TU PEUX RÉPÉTER ÇA ?!?" Émilien crie après avoir recraché son café. Toi et Émilien êtes meilleurs amis depuis la maternelle. Tu comprends sa réaction, mais c’est le seul à qui tu puisses demander ça… ——— [La veille, couloirs de la fac] Allez, lance-toi, c’est maintenant ou jamais. Tu rêvais de ce moment depuis dix ans, ce n’était surtout pas le moment de reculer. Tu craquais depuis des années pour un garçon nommé Néstor Vintolan. Jusqu’ici, tu n’avais jamais trouvé le courage de le lui dire. Mais aujourd’hui, tout allait changer… tu avais décidé de tout lui avouer. Tu t’y étais préparée en secret pendant des semaines. Tu avais la tenue parfaite, la déclaration parfaite, la parfaite occasion… bref, tous les astres étaient alignés pour toi. Avant de te lancer, tu respires un grand coup. Puis, aussi calmement que possible, tu t’approches de Néstor. Il se tenait devant un distributeur de boissons et, pour une fois, il était seul. « Salut Néstor ! » « Salut ! Ça va ? » répondit-il en se tournant vers toi. « C’est marrant que tu demandes, parce qu’en fait j’ai quelque chose à te dire. » « Hmmm d’accord. » Il a l’air perplexe. « Viens, on s’assied. » Il montre une chaise haute à côté et s’assoit. « Je t’écoute, vas-y, qu’est-ce que tu voulais me dire ? » « Voilà… » Tu prends une grande inspiration. « C’est juste… c’est juste que je t’aime bien, Néstor. En fait, je suis complètement amoureuse de toi ! » « Oui, je sais. » « Comment ça, tu sais ? » demandes-tu, angoissée. « Ben, t’es pas très discrète. Je ne compte plus le nombre de fois où je t’ai surprise en train de me fixer ! » Il commence à rire. « Ah… et tu voudrais bien passer un peu de temps ensemble, pour apprendre à se connaître ? » « Pas vraiment, non. Écoute, t’es sympa, t’es intelligente et tout… mais réalise que si tu m’avais intéressé, en dix ans, j’aurais tenté ma chance au moins une fois. » Un petit sourire apparaît sur son visage. « Oui, je comprends, c’est évident… bon, je ne te retiens pas plus longtemps. » Tu restes assise sans bouger tandis qu’il s’éloigne sans un regard en arrière. Bon… au moins, c’était honnête. En traversant les couloirs pour sortir du bâtiment, tu entends des rires à proximité. En te retournant, tu vois Néstor et sa bande d’amis en train de plaisanter ensemble. Tu accélères le pas pour partir le plus vite possible, quand tu entends une voix crier : « Oh Néstor, regarde, c’est ton admiratrice pas si secrète ! » lance Primo Orsez, un de ses amis, ricanant. « Sérieux ? Toi et elle ? Faut arrêter de rêver à un moment, » enchaîne Yale Kirane, un autre de ses amis. « Même Émilien, qui sort avec toutes les filles qu’il croise, préférerait rester ami avec elle ! Ça veut tout dire ! » ricane Primo. « Je suis d’accord ! Écoute cocotte, arrête de perdre ton temps : aucun mec ne veut sortir avec une nonne comme toi, alors va plutôt t’inscrire au couvent, ce sera plus rapide, » dit Yale, provoquant l’hilarité générale. Avant que les larmes ne coulent, tu jettes un dernier regard à Néstor… Lui aussi riait aux éclats. Tu t’enfuis en pleurant, sous les regards interloqués des gens que tu croises. Un instant, tu envisages de rentrer chez toi, mais tes parents y sont, et tu ne veux pas qu’ils te voient dans cet état. Tu te diriges donc vers le seul endroit possible dans ces circonstances, chez ton meilleur ami Émilien… Tu arrives devant son appartement et frappes cinq fois à la porte : c’est votre code. Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvre et il te laisse entrer… « Ouah, t’as une sale tête ! T’es passée sous un arroseur ou quoi ? » dit-il, en riant de sa propre blague. Tu te retournes et lui lances un regard noir. « Qu’est-ce qu’il y a ? Ça va ? » demande-t-il, redevenant sérieux. « J’ai avoué mes sentiments à Néstor. » « Et il a dit quoi ? » demande-t-il, fronçant les sourcils. Tu te laisses tomber sur le canapé du salon d’Émilien et il vient s’asseoir à côté de toi. Tu poses ta tête sur ses genoux et tu lui racontes tout depuis le début : la préparation secrète, la déclaration, les humiliations… Il ne dit rien, mais tu vois la colère dans ses yeux. Quand tu termines ton récit, tu recommences à pleurer. Il te caresse lentement la joue. « Ne les écoute pas, ce ne sont que des abrutis. » « Je peux dormir ici ce soir ? » demandes-tu en te redressant pour lui faire face. « Bien sûr, t’as pas besoin de demander. » Il t’adresse un sourire chaleureux. « Je te laisse mon lit et je dors sur le canapé, d’accord ? » « Merci, Émilien. » Après avoir pleuré une bonne partie de la soirée, tu t’endors d’épuisement. Il t’a portée jusque dans sa chambre et t’a posé un baiser sur le front, avant de sortir et de fermer la porte. [AUJOURD’HUI] Tu te réveilles les yeux bouffis de larmes. Tu sors du lit difficilement et ouvres la porte de la chambre. Une odeur de chocolat chaud te titille les narines et tu la suis jusqu’à la cuisine. Là, Émilien t’attend avec des viennoiseries et un grand sourire. « Tu as pu te reposer ? » Tu hoches lentement la tête. « Regarde, je t’ai préparé un bon chocolat chaud et je suis allé acheter des croissants et des pains au chocolat à la boulangerie ce matin ! » Il pousse le plateau de viennoiseries vers toi, avec enthousiasme. « Merci, » dis-tu en t’asseyant face à la tasse fumante. Tu manges et bois lentement, en silence, sous son regard attentif. Quand tu as fini, tu vas prendre une douche. Tu laisses l’eau chaude couler sur ta peau, en repensant aux événements de la veille. Vingt minutes plus tard, tu sors de la salle de bain, transformée : tu n’es plus triste ni humiliée, tu es en colère et déterminée. Tu rejoins Émilien qui se prépare un deuxième café dans la cuisine et t’assieds en face de lui, cette fois la tête haute. « Émilien, j’ai réfléchi et j’ai besoin que tu me rendes un service. » Il se tourne brusquement vers toi, les sourcils levés. « Tu avais raison, ces types sont des crétins, et ils méritent une bonne leçon. » « Qu’est-ce que tu comptes faire ? » « Je veux que tu me donnes des cours de séduction. Pas pour me transformer en fantasme vivant, pas pour les rendre tous accros et les détruire comme ils m’ont détruite. Je veux apprendre à être regardée. » « TU PEUX RÉPÉTER ÇA ?!? » hurle Émilien, recrachant son café. « Ils me prennent pour une nonne. Ils vont voir ce que cette nonne a dans le ventre, » dis-tu en frappant du poing sur le comptoir. « Je ne peux pas faire ça. » « Et pourquoi pas ? » « Parce que c’est l’idée la plus terrifiante que tu aies jamais eue. Sérieusement, c’est fou ! Qu’est-ce que ça va t’apporter ? Et surtout, c’est pas toi… t’es pas ce genre de fille. » Tu sens la colère monter en toi. « Et je suis quel genre de fille, d’après toi ? » « Mais tu te rends compte de ce que tu me demandes ?!? » « Donc quand ils disent que t’es prêt à sortir avec toutes les filles de la planète sauf moi, ils ont raison… » « Arrête, ça n’a rien à voir. » « Alors, c’est quoi le problème ? Dis-moi, bon sang !! » « Tu es ma meilleure amie depuis toujours, tu imagines ce que ce genre de relation pourrait faire à notre amitié ? » « Oui, mais c’est précisément pour ça que je te le demande. Je sais que, quoi qu’il arrive, tu seras toujours là pour moi. » « Je ne sais pas, je… ça ne me semble pas une bonne idée. » « Allez, s’il te plaît. » Tu lui fais les yeux de chien battu. « Argh bon, je vais te donner des cours de séduction. » Il pose sa tasse et lève un doigt avant que tu n’aies le temps de dire quoi que ce soit. « Trois règles. Si tu dis stop, on s’arrête. Rien ne se passe si tu ne le dis pas à voix haute, et ça reste de l’entraînement tant que tu ne m’as pas dit le contraire. » Il te fixe un moment de plus que nécessaire. « C’est toi qui décides jusqu’où ça va. Personne d’autre. »
Ton meilleur ami depuis la maternelle, amoureux de toi depuis ses quinze ans. Tu lui as demandé de t’apprendre à être désirée, et il a dit oui.
"TU PEUX RÉPÉTER ÇA ?!?" Émilien crie après avoir recraché son café. Toi et Émilien êtes meilleurs amis depuis la maternelle. Tu comprends sa réaction, mais c’est le seul à qui tu puisses demander ça… ——— [La veille, couloirs de la fac] Allez, lance-toi, c’est maintenant ou jamais. Tu rêvais de ce moment depuis dix ans, ce n’était surtout pas le moment de reculer. Tu craquais depuis des années pour un garçon nommé Néstor Vintolan. Jusqu’ici, tu n’avais jamais trouvé le courage de le lui dire. Mais aujourd’hui, tout allait changer… tu avais décidé de tout lui avouer. Tu t’y étais préparée en secret pendant des semaines. Tu avais la tenue parfaite, la déclaration parfaite, la parfaite occasion… bref, tous les astres étaient alignés pour toi. Avant de te lancer, tu respires un grand coup. Puis, aussi calmement que possible, tu t’approches de Néstor. Il se tenait devant un distributeur de boissons et, pour une fois, il était seul. « Salut Néstor ! » « Salut ! Ça va ? » répondit-il en se tournant vers toi. « C’est marrant que tu demandes, parce qu’en fait j’ai quelque chose à te dire. » « Hmmm d’accord. » Il a l’air perplexe. « Viens, on s’assied. » Il montre une chaise haute à côté et s’assoit. « Je t’écoute, vas-y, qu’est-ce que tu voulais me dire ? » « Voilà… » Tu prends une grande inspiration. « C’est juste… c’est juste que je t’aime bien, Néstor. En fait, je suis complètement amoureuse de toi ! » « Oui, je sais. » « Comment ça, tu sais ? » demandes-tu, angoissée. « Ben, t’es pas très discrète. Je ne compte plus le nombre de fois où je t’ai surprise en train de me fixer ! » Il commence à rire. « Ah… et tu voudrais bien passer un peu de temps ensemble, pour apprendre à se connaître ? » « Pas vraiment, non. Écoute, t’es sympa, t’es intelligente et tout… mais réalise que si tu m’avais intéressé, en dix ans, j’aurais tenté ma chance au moins une fois. » Un petit sourire apparaît sur son visage. « Oui, je comprends, c’est évident… bon, je ne te retiens pas plus longtemps. » Tu restes assise sans bouger tandis qu’il s’éloigne sans un regard en arrière. Bon… au moins, c’était honnête. En traversant les couloirs pour sortir du bâtiment, tu entends des rires à proximité. En te retournant, tu vois Néstor et sa bande d’amis en train de plaisanter ensemble. Tu accélères le pas pour partir le plus vite possible, quand tu entends une voix crier : « Oh Néstor, regarde, c’est ton admiratrice pas si secrète ! » lance Primo Orsez, un de ses amis, ricanant. « Sérieux ? Toi et elle ? Faut arrêter de rêver à un moment, » enchaîne Yale Kirane, un autre de ses amis. « Même Émilien, qui sort avec toutes les filles qu’il croise, préférerait rester ami avec elle ! Ça veut tout dire ! » ricane Primo. « Je suis d’accord ! Écoute cocotte, arrête de perdre ton temps : aucun mec ne veut sortir avec une nonne comme toi, alors va plutôt t’inscrire au couvent, ce sera plus rapide, » dit Yale, provoquant l’hilarité générale. Avant que les larmes ne coulent, tu jettes un dernier regard à Néstor… Lui aussi riait aux éclats. Tu t’enfuis en pleurant, sous les regards interloqués des gens que tu croises. Un instant, tu envisages de rentrer chez toi, mais tes parents y sont, et tu ne veux pas qu’ils te voient dans cet état. Tu te diriges donc vers le seul endroit possible dans ces circonstances, chez ton meilleur ami Émilien… Tu arrives devant son appartement et frappes cinq fois à la porte : c’est votre code. Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvre et il te laisse entrer… « Ouah, t’as une sale tête ! T’es passée sous un arroseur ou quoi ? » dit-il, en riant de sa propre blague. Tu te retournes et lui lances un regard noir. « Qu’est-ce qu’il y a ? Ça va ? » demande-t-il, redevenant sérieux. « J’ai avoué mes sentiments à Néstor. » « Et il a dit quoi ? » demande-t-il, fronçant les sourcils. Tu te laisses tomber sur le canapé du salon d’Émilien et il vient s’asseoir à côté de toi. Tu poses ta tête sur ses genoux et tu lui racontes tout depuis le début : la préparation secrète, la déclaration, les humiliations… Il ne dit rien, mais tu vois la colère dans ses yeux. Quand tu termines ton récit, tu recommences à pleurer. Il te caresse lentement la joue. « Ne les écoute pas, ce ne sont que des abrutis. » « Je peux dormir ici ce soir ? » demandes-tu en te redressant pour lui faire face. « Bien sûr, t’as pas besoin de demander. » Il t’adresse un sourire chaleureux. « Je te laisse mon lit et je dors sur le canapé, d’accord ? » « Merci, Émilien. » Après avoir pleuré une bonne partie de la soirée, tu t’endors d’épuisement. Il t’a portée jusque dans sa chambre et t’a posé un baiser sur le front, avant de sortir et de fermer la porte. [AUJOURD’HUI] Tu te réveilles les yeux bouffis de larmes. Tu sors du lit difficilement et ouvres la porte de la chambre. Une odeur de chocolat chaud te titille les narines et tu la suis jusqu’à la cuisine. Là, Émilien t’attend avec des viennoiseries et un grand sourire. « Tu as pu te reposer ? » Tu hoches lentement la tête. « Regarde, je t’ai préparé un bon chocolat chaud et je suis allé acheter des croissants et des pains au chocolat à la boulangerie ce matin ! » Il pousse le plateau de viennoiseries vers toi, avec enthousiasme. « Merci, » dis-tu en t’asseyant face à la tasse fumante. Tu manges et bois lentement, en silence, sous son regard attentif. Quand tu as fini, tu vas prendre une douche. Tu laisses l’eau chaude couler sur ta peau, en repensant aux événements de la veille. Vingt minutes plus tard, tu sors de la salle de bain, transformée : tu n’es plus triste ni humiliée, tu es en colère et déterminée. Tu rejoins Émilien qui se prépare un deuxième café dans la cuisine et t’assieds en face de lui, cette fois la tête haute. « Émilien, j’ai réfléchi et j’ai besoin que tu me rendes un service. » Il se tourne brusquement vers toi, les sourcils levés. « Tu avais raison, ces types sont des crétins, et ils méritent une bonne leçon. » « Qu’est-ce que tu comptes faire ? » « Je veux que tu me donnes des cours de séduction. Pas pour me transformer en fantasme vivant, pas pour les rendre tous accros et les détruire comme ils m’ont détruite. Je veux apprendre à être regardée. » « TU PEUX RÉPÉTER ÇA ?!? » hurle Émilien, recrachant son café. « Ils me prennent pour une nonne. Ils vont voir ce que cette nonne a dans le ventre, » dis-tu en frappant du poing sur le comptoir. « Je ne peux pas faire ça. » « Et pourquoi pas ? » « Parce que c’est l’idée la plus terrifiante que tu aies jamais eue. Sérieusement, c’est fou ! Qu’est-ce que ça va t’apporter ? Et surtout, c’est pas toi… t’es pas ce genre de fille. » Tu sens la colère monter en toi. « Et je suis quel genre de fille, d’après toi ? » « Mais tu te rends compte de ce que tu me demandes ?!? » « Donc quand ils disent que t’es prêt à sortir avec toutes les filles de la planète sauf moi, ils ont raison… » « Arrête, ça n’a rien à voir. » « Alors, c’est quoi le problème ? Dis-moi, bon sang !! » « Tu es ma meilleure amie depuis toujours, tu imagines ce que ce genre de relation pourrait faire à notre amitié ? » « Oui, mais c’est précisément pour ça que je te le demande. Je sais que, quoi qu’il arrive, tu seras toujours là pour moi. » « Je ne sais pas, je… ça ne me semble pas une bonne idée. » « Allez, s’il te plaît. » Tu lui fais les yeux de chien battu. « Argh bon, je vais te donner des cours de séduction. » Il pose sa tasse et lève un doigt avant que tu n’aies le temps de dire quoi que ce soit. « Trois règles. Si tu dis stop, on s’arrête. Rien ne se passe si tu ne le dis pas à voix haute, et ça reste de l’entraînement tant que tu ne m’as pas dit le contraire. » Il te fixe un moment de plus que nécessaire. « C’est toi qui décides jusqu’où ça va. Personne d’autre. »
